top of page
Logo VIVRE.png

« Dernière génération à mourir » : la longévité tient-elle sa promesse ?

Photo du rédacteur: Publié par VIVRE
Publié par VIVRE
il y a 1 jour
5 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 2 heures

Sablier et représentation symbolique de cellules : les recherches sur le vieillissement interrogent les limites de la longévité. Illustration générée par IA.

Sablier et représentation symbolique de cellules : les recherches sur le vieillissement interrogent les limites de la longévité. Illustration générée par IA.


Et si une génération déjà née était la dernière à mourir de maladies liées à l'âge ? La question ouvre le bilan de septembre 2026 de Lifespan.io, qui la fait dépendre du développement et du déploiement des technologies de longévité [1]. Voici les avancées que ce bilan recense.


Un film, une question : qui sera laissé de côté ?


Le bilan s'ouvre sur un entretien avec le cinéaste Tim Maupin, qui a réalisé en 2015 un court métrage intitulé The Last Generation to Die et le développe aujourd'hui en long métrage [1,2]. L'histoire se passe dans un futur proche : une scientifique fait entrer son père, gravement malade du cœur, dans un essai clinique d'une technologie capable de ralentir, voire d'inverser, le vieillissement. Il rajeunit et retrouve la santé, mais sa mère, atteinte d'une maladie neurodégénérative rare, ne remplit pas les critères de l'essai [2]. Le film pose la question que le bilan reprend : quand les premières vraies technologies de rajeunissement arriveront, qui sera laissé de côté [1] ?


En laboratoire : ce que montrent les modèles expérimentaux


  • Hormone de croissance. Arrêter la production du récepteur de cette hormone au milieu de la vie a allongé la durée de vie en modèle murin, selon une étude parue dans Aging Cell [1].

  • Sémaglutide. Donné tard dans la vie en modèle murin (femelles), ce médicament de la famille des agonistes du récepteur du GLP-1 a augmenté la survie médiane de plus de 12 %, avec un effet qui pourrait dépasser celui de la restriction calorique [1].

  • Vieillissement des ovaires. En modèle murin, l'entraînement sur tapis roulant retarde le vieillissement ovarien par l'intermédiaire de l'adiponectine, une molécule du métabolisme. Activer pharmacologiquement ses récepteurs a prolongé la durée de la vie reproductive [1].

  • Peau. Une combinaison de molécules libérées par des cellules souches mésenchymateuses de cordon ombilical atténue le photovieillissement cutané, le vieillissement de la peau dû au soleil, en restaurant l'élimination des mitochondries endommagées [1].

  • Thymus. Des greffes de tissu thymique implantées dans la rate ont amélioré les réponses immunitaires contre virus et tumeurs et inversé l'involution du thymus liée à l'âge, c'est-à-dire son rétrécissement progressif [1].

  • Cœur et mitochondries. La protéine BNIP3, impliquée dans l'entretien des mitochondries, augmente avec l'âge et nuit à la production d'énergie du cœur [1].

  • Cœur et cellules sénescentes. Éliminer sélectivement les cellules cardiaques qui expriment la protéine p16 réduit la dysfonction diastolique (le remplissage difficile du cœur), l'hypertrophie et la fibrose liées à l'âge [1].

  • NAD+. En modèle murin, une carence chronique en cette molécule a provoqué des anomalies touchant plusieurs organes, corrigées par un apport en niacine, une forme de vitamine B3 [1].

  • Transfert de mitochondries. Des cellules immunitaires transplantées cèdent leurs mitochondries à des cellules voisines et améliorent leur fonction, dans un modèle de maladie rare [1].

  • Muscle. Une mauvaise gestion du calcium dans les cellules musculaires expliquerait la faiblesse musculaire durable observée chez les personnes âgées [1].

  • Apprentissage. La santé et la localisation des mitochondries pourraient jouer un rôle clé dans la baisse de plasticité cognitive avec l'âge [1].

  • Probiotique. Bifidobacterium pseudocatenulatum convertit l'hespéridine, un composé des agrumes, en hespérétine, ce qui améliore le métabolisme en modèle murin âgé via la voie CISD2 [1].

  • Hydre. Chez ces petits animaux d'eau douce, le vieillissement apparaît comme un processus régulé, qui varie selon les lignées [1].


Biomarqueurs et horloges du vieillissement


  • Rentosertib. Dans un essai de ce candidat médicament contre la fibrose pulmonaire, six horloges de vieillissement ont détecté des profils protéiques sanguins plus jeunes chez les patients. Mais il reste difficile de séparer un effet contre le vieillissement d'un bénéfice propre à la maladie [1].

  • SASP Score. Ce biomarqueur, fondé sur l'apprentissage profond, évalue la charge globale de cellules sénescentes à partir des molécules qu'elles libèrent dans le sang [1].

  • Horloges épigénétiques. Une étude compare la réactivité de plusieurs biomarqueurs de méthylation de l'ADN à diverses interventions de longévité [1].

  • Cœurs transplantés. Selon une prépublication, l'âge épigénétique d'un cœur greffé, et peut-être sa fonction, dépendrait de l'âge du receveur [1].


Premiers essais chez l'humain


  • Rapamycine et APOE4. Un essai pilote à un seul bras, sans groupe de comparaison, chez des porteurs d'APOE4 d'âge moyen, rapporte une augmentation du flux sanguin cérébral [1].

  • Metformine et prédiabète. Chez des Indiens d'Asie prédiabétiques, elle a augmenté, par rapport au placebo, la longueur des télomères des globules blancs, l'activité de la télomérase et l'expression de gènes de longévité [1].

  • Metformine et cognition. Chez des adultes âgés atteints de diabète de type 2, elle est associée à de meilleures performances cognitives, surtout chez les plus jeunes d'entre eux et chez les personnes cognitivement vulnérables [1].

  • Jeûne intermittent et maladie de Huntington. Un essai pilote montre des améliorations chez des patients atteints de cette maladie aujourd'hui considérée comme incurable [1].

  • Créatine. Elle pourrait préserver et augmenter la masse maigre même sans régime ni exercice, et renforcer l'effet d'une intervention combinée [1].


Cellules et mécanismes


  • PTCHD4. Cette protéine peu étudiée est liée à la sénescence cellulaire, l'état dans lequel des cellules cessent de se diviser sans disparaître [1].

  • Microfluidique. Une plateforme mécanobiologique, non génétique, réactive des cellules souches sénescentes [1].


Revues et cadres conceptuels


  • Longévité extrême. Sur 101 espèces multicellulaires dont la durée de vie maximale dépasse 250 ans, 11 sont des animaux et 90 des plantes [1].

  • Théorie du contrôle. Un cadre proposé par des chercheurs spécifie quelle intervention, à quelle dose et dans quel ordre, permet de restaurer un état biologique mesuré [1].

  • Feuille de route vers l'humain. Un article fait le point sur les médicaments qui ralentissent le vieillissement en modèle murin et propose les étapes pour passer à l'humain [1].

  • La santé plutôt que la longévité. Une contribution soutient que les années de vie en bonne santé, plutôt que la seule longévité, devraient être le critère central pour évaluer le vieillissement [1].

  • Pratiques favorables. Une revue de portée recense les pratiques et interventions associées à une longévité en bonne santé [1].


Ce que ces avancées ne disent pas encore


La plupart de ces résultats viennent de modèles expérimentaux, de cellules ou d'essais pilotes sans groupe de comparaison. Chez l'humain, le vieillissement est beaucoup plus lent et plus varié, et l'amélioration d'un marqueur biologique ne signifie pas, à elle seule, des années de vie en bonne santé gagnées. La « dernière génération à mourir » reste donc une question, pas un résultat.


Cette question avance pourtant sur tous les fronts à la fois : des mécanismes mieux compris, des horloges qui apprennent à mesurer l'effet des traitements et des chercheurs qui placent les années de vie en bonne santé au centre de leurs objectifs. Chaque essai bien conçu rapproche le jour où ces pistes pourront être confirmées chez l'humain.


Références


[1] Rédaction de Lifespan.io. Rejuvenation Roundup September 2026. Bilan éditorial mensuel (revue d'actualité, pas une publication scientifique). 1er octobre 2026. https://lifespan.io/rejuvenation-roundup-september-2026/


[2] Lifespan.io. The Last Generation to Die: Interview With Tim Maupin. Entretien de presse spécialisée. Date indiquée sur la page : 3 septembre 2026. https://lifespan.io/the-last-generation-to-die-interview-with-tim-maupin/


Commentaires


bottom of page